S’envoler

Tu étais une étoile qui brillait dans le ciel,
Tu étais la reine dans son empire réel,
Tu avais la bonne réponse pour tout le monde,
La peur ne faisait pas partie de ton rituel ;
Jusqu’à ce jour de septembre, attirée par le miel,
Sans le savoir, ta vie changeait en une seconde.

Tu vendais ton âme au diable, puis dans un tunnel
Emprisonné pour un lustre, tel un criminel ;
Mais, finalement, même les vieilles vagabondes
Finissent par retrouver la voie rationnelle :
Tu revenais tranquille à ta vie originelle,
À ton savoir ainsi qu’à tes lectures fécondes.

Aux limites de la géographie et tes forces,
Ta danse à nouveau, tes doigts les étoiles touchant,
Pour après lâcher prise, s’envoler en tombant…
La danse continuait, sans aucun désamorce.

Mais la danse fut interrompue, brisée l’écorce :
Tu eus ton prix, mais rien ne sera plus comme avant.
Tu enterras cette enfante que, dorénavant,
Plus alerte que jamais, devra se faire force.

© 2017 S.L.

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Des 9 vies d’un chat, à une plante aux mille racines

On dit que les chats ont 9 vies. Moi aussi j’ai 9 vies, peut-être plus :

Chaque soir, je me couchais en écoutant cette liste de lecture de chansons italiennes, datée des années 2000, ou 1990. Franchement, ce n’est pas important.

Chaque jour, je marchais jusqu’au gym en écoutant cette musique super énergisante, dont je ne pourrais pas dire les titres, peut-être un ou deux noms des chanteurs, au plus.

Chaque kilomètre, en voyage dans le Grand Nord, avec la personne la plus précieuse au monde à côté de moi, j’écoutais ces morceaux relaxants, à la fois hippies, à la fois sérieux et même tristes.

Pour chaque mot de lu dans mes livres, gros comme des briques et lourds comme du ciment, assise au café ou à la bibliothèque, ou encore chez moi, j’avais en fond une musique discrète, qui ne veut pas déranger, mais qui est là, pour couvrir tout autre bruit qui pourrait me déconcentrer. Une musique de fond qui ne se fait pas sentir, tant qu’elle sonne.

**

Je n’ai pas écrit toutes mes 9 vies ici, un échantillon est suffisant. Je ne peux pas non plus dévoiler tout mon mystère en quelques mots. Et, en plus… Il me reste encore bien des vies à vivre !

Dans chacune de mes vies, les mêmes notes, dont je sélectionne les paroles : celles qui me chantaient la berceuse, dans une vie ; celles qui me faisaient faire mieux du sport, dans une autre ; celles qui me donnaient de l’inspiration, dans mon avant dernière vie ; celles qui assuraient ma concentration, dans ma dernière vie. Celle qui vient de se terminer. Mais je ne suis pas morte, pas encore. J’ai une toute nouvelle vie maintenant, avec sa liste de lecture flambant neuve.

Parfois, une de mes vielles vies vient me chanter une ou deux chansons de sa liste de lecture. La surprise m’est agréable. Quand cela arrive, toutes mes vies se mélangent en un continuum des joies et des douleurs qui font de moi un être humain.

Car, comme un de mes oncles me dit, il y a environ deux décennies : « on est comme une plante aux mille racines : le bonheur vient de réussir à les faire travailler ensemble, comme les fils des marionnettes, dans une harmonieuse chorégraphie ».

© 2017 S.L.

OEuvre du diable

Je viens de partout, nulle part est chez moi.
Mélodie, qui calme mon coeur en émoi,
mes mots. Je ne veux pas me coucher par peur
que mon rêve, dans un rêve de torpeur,

meurt. La nuit finie, des roses larmoyantes
que Peur créa. Si je crains, ma peur est vraie.
Par cela même je deviens prévoyante
d’un sort plus cruel que je ne le voudrais.

Un jour d’hiver, tu m’appelas une artiste.
Ayant ainsi ma vie changée, d’une esclave
à Maudit poète. Le mal est ma piste.

Aujourd’hui, mes discours, tes propos délavent
et ils vont faire de l’art la douleur triste,
mon oasis de bonheur, de paix conclave.

© 2017 S.L.

Fainéantise

Je regarde en bas, ma chaussure aux lacets défaits. Je suis trop fatiguée pour les refaire maintenant : la voiture roule tranquille, le bruit du moteur me berce. De la fenêtre, un paysage sinueux, caressé par des rayons de soleil paresseux qui fatiguent mon regard, doucement les yeux fermant. Je regarde le GPS, j’ai encore au moins une heure avant d’arriver à destination. Une heure à partir de maintenant, avant d’avoir besoin de ma chaussure pour marcher. Pourquoi devrais-je bouger maintenant pour refaire mes lacets, si cela n’est pas urgent… Pourquoi interromprais-je ce moment de paix absolue, de paresse bénie ?
**
Je me réveille. Un instant semble écoulé. Il fait nuit. Cet instant a duré longtemps, bien plus que ce que mon horloge interne me fait croire. Je refais mes lacets vite : une fois de plus, je suis déjà en retard.

© 2017 S.L.

Bye Bye Montréal

Mon vol atterrit sur ton sol dans la neige,
Observatrice, au delà de l’océan,
Ne sus pas à l’instant qu’un trésor brillant
T’attendit. Avec un inflexible piège.

Ravie d’avoir eu un si grand privilège :
Étudiant, dans tes ruelles marchant,
Au Vieux Port, le beau Saint-Laurent admirant,
Les petits cafés à chaque coin, un siège.

Bye les terrasses à l’arôme de bière,
Y fait frette ici pour les gens du Plateau
Et tous sur le Mont-Royal avec la luge !

Bye Montréal, je m’en vais un peu confuse :
Y avait toute ma vie chez vous tantôt…
En Estrie on me donne une chance, Excuse !

© 2017 S.L.

À toi je demande

Les paysages se poursuivent à la même
vitesse que tes questions sur l’avenir:
est-ce que ton prix tu vas bientôt obtenir
ou vas-tu fondre en larmes de douleur extrême?

Une lueur… Après une dure carême,
à travers la fente, un paysage t’inspire
l’amour éternel te comble de joie… Plaisir
tu éprouves, ici de peur tu n’es plus blême.

Ode à toi qui de partir as eu le courage
Qui de tomber n’as jamais eu peur et qui de
se relever plus fort n’as jamais arrêté.

Dans la nuit de tes pensées une fois rentrée,
angoissée comme toujours à toi je demande:
Aurai-je accompli l’impossible cet été?

© 2017 S.L.

Ma douleur

Je veux partager une chose qui me rend triste :
Cela fait un moment qu’à mes larmes je résiste ;
De mes douleurs j’ai finalement fait une liste,
Mais seule une dans ma vie pour le moment existe.

C’est un Diable déguisé en bel Ange gardien,
Les beaux mots et les beaux moments dont je me souviens,
Les promesses qu’on m’a faites, d’amour et soutien
Elles ont été oubliées et ne valent plus rien !

Que tu sois damné pour toujours, ô Diable maudit !
Je meure un peu plus à chaque larme, dans mon lit,
Je réprime dans mes sanglots à l’aide mon cri.

Je veux que tu pleures dans ton coeur à l’infini,
Que tu ne trouveras plus la Paix dans ton esprit,
Car le crime parfait sur ma peau tu as commis.

© 2017 S.L.

C’est pour toi

Notre relation, fleur qui s’épanouit
Invulnérable et éternel, diamant dur
Comme ce dernier dans le temps elle perdure
Oasis où mon coeur, ton coeur, se réjouit.

L’amour en ce jour lointain nous a ébloui
Avant que l’hiver nous frappe avec sa froidure
Souffrante mais forte nos peines elle endure
Néanmoins jamais de douleur tu t’es enfui.

Ici calme ta noblesse je glorifie
Comme paix et richesse tous les jours tu m’offres
Or tes désirs en réalité je transforme.

Libre sois de t’envoler dans la joie énorme
Adieu tu peux enfin crier à tous les affres
Surprends-toi et vis ta vie en dehors des normes.

© 2017 S.L.

Lumières

Lumières, flambeaux dansants de l’est à l’ouest,
Comme il le fait le soleil tous les jours sans cesse,
Un peu de vie, quand ma fenêtre elles traversent,
Crystal transparent, est fermé un lieu de test.

Pensées noires, plus vite lumières d’espoir,
Oppriment l’esprit, le calme il venait de voir
Suave. Elles se nourrissent de ce feu vitale,
Coincée dans la poitrine flamme verticale.

Ta main a montré la porte d’entrée, sortie,
Avec son travail, le silence lourd je vis.
À chaque instant un peu plus elle m’abandonne.

Mais ce soir aucun mot dans l’esprit ne résonne :
Seule dans ce lit, les lumières et leur charme,
La fenêtre fermée, je pleure à chaudes larmes.

© 2017 S.L.