I bought a case for my phone

I bought a case for my phone because I wanted to keep it as scratch-proof as possible, for as long as possible. I spent a few dozen dollars on a very good case. Eventually, the case broke but my phone was still intact. I replaced the case and I got another one which promised the same protection as the former. While applying the screen scratch protector, a few grains of dust fell between the screen and its protection, leaving two tiny air bubbles visible. I debated for the entire morning on whether to buy another screen scratch protector. I looked online for screen scratch protectors compatible with my new case, but I did not find any good deals. I sat back on my couch, grabbed my phone, open my music app, and relaxed. After an hour or so, I went for a walk and I had one of the best times of my life, walking in my neighborhood, listening to good music and breathing the fresh air of a sunny summer day.

This has happened days ago and since then, I have forgotten that my screen scratch protector is not perfect. I am looking at it while writing right now, as one of my best friends is sending me messages on something great that just happened. Yes, there are two tiny air bubbles on my screen, but they do not bother me that much after all.

I could say the same of some of my relationships (all of them), how I renamed the files on my computer, the tidiness inside my home, my finances, my health and so on. I could debate on things, try to fix and to re-organize them for hours, days, weeks, years to have it all perfect… And perfection is not going to happen anyway. Instead, I could use that time, resources and energy to enjoy what I actually have. It might not be perfect, but right here and right now is all I have.

I bought a case for my phone and applied a screen scratch protector because I care about my phone. I do not neglect my relationships, finances, health and so on just because I cannot reach perfection no matter how hard I try. And so, yes, my screen scratch protector is not perfect, but it does the job. And that’s all that counts.

© 2017 S.L.

Des 9 vies d’un chat, à une plante aux mille racines

On dit que les chats ont 9 vies. Moi aussi j’ai 9 vies, peut-être plus :

Chaque soir, je me couchais en écoutant cette liste de lecture de chansons italiennes, datée des années 2000, ou 1990. Franchement, ce n’est pas important.

Chaque jour, je marchais jusqu’au gym en écoutant cette musique super énergisante, dont je ne pourrais pas dire les titres, peut-être un ou deux noms des chanteurs, au plus.

Chaque kilomètre, en voyage dans le Grand Nord, avec la personne la plus précieuse au monde à côté de moi, j’écoutais ces morceaux relaxants, à la fois hippies, à la fois sérieux et même tristes.

Pour chaque mot de lu dans mes livres, gros comme des briques et lourds comme du ciment, assise au café ou à la bibliothèque, ou encore chez moi, j’avais en fond une musique discrète, qui ne veut pas déranger, mais qui est là, pour couvrir tout autre bruit qui pourrait me déconcentrer. Une musique de fond qui ne se fait pas sentir, tant qu’elle sonne.

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Je n’ai pas écrit toutes mes 9 vies ici, un échantillon est suffisant. Je ne peux pas non plus dévoiler tout mon mystère en quelques mots. Et, en plus… Il me reste encore bien des vies à vivre !

Dans chacune de mes vies, les mêmes notes, dont je sélectionne les paroles : celles qui me chantaient la berceuse, dans une vie ; celles qui me faisaient faire mieux du sport, dans une autre ; celles qui me donnaient de l’inspiration, dans mon avant dernière vie ; celles qui assuraient ma concentration, dans ma dernière vie. Celle qui vient de se terminer. Mais je ne suis pas morte, pas encore. J’ai une toute nouvelle vie maintenant, avec sa liste de lecture flambant neuve.

Parfois, une de mes vielles vies vient me chanter une ou deux chansons de sa liste de lecture. La surprise m’est agréable. Quand cela arrive, toutes mes vies se mélangent en un continuum des joies et des douleurs qui font de moi un être humain.

Car, comme un de mes oncles me dit, il y a environ deux décennies : « on est comme une plante aux mille racines : le bonheur vient de réussir à les faire travailler ensemble, comme les fils des marionnettes, dans une harmonieuse chorégraphie ».

© 2017 S.L.

OEuvre du diable

Je viens de partout, nulle part est chez moi.
Mélodie, qui calme mon coeur en émoi,
mes mots. Je ne veux pas me coucher par peur
que mon rêve, dans un rêve de torpeur,

meurt. La nuit finie, des roses larmoyantes
que Peur créa. Si je crains, ma peur est vraie.
Par cela même je deviens prévoyante
d’un sort plus cruel que je ne le voudrais.

Un jour d’hiver, tu m’appelas une artiste.
Ayant ainsi ma vie changée, d’une esclave
à Maudit poète. Le mal est ma piste.

Aujourd’hui, mes discours, tes propos délavent
et ils vont faire de l’art la douleur triste,
mon oasis de bonheur, de paix conclave.

© 2017 S.L.

Fainéantise

Je regarde en bas, ma chaussure aux lacets défaits. Je suis trop fatiguée pour les refaire maintenant : la voiture roule tranquille, le bruit du moteur me berce. De la fenêtre, un paysage sinueux, caressé par des rayons de soleil paresseux qui fatiguent mon regard, doucement les yeux fermant. Je regarde le GPS, j’ai encore au moins une heure avant d’arriver à destination. Une heure à partir de maintenant, avant d’avoir besoin de ma chaussure pour marcher. Pourquoi devrais-je bouger maintenant pour refaire mes lacets, si cela n’est pas urgent… Pourquoi interromprais-je ce moment de paix absolue, de paresse bénie ?
**
Je me réveille. Un instant semble écoulé. Il fait nuit. Cet instant a duré longtemps, bien plus que ce que mon horloge interne me fait croire. Je refais mes lacets vite : une fois de plus, je suis déjà en retard.

© 2017 S.L.

Bye Bye Montréal

Mon vol atterrit sur ton sol dans la neige,
Observatrice, au delà de l’océan,
Ne sus pas à l’instant qu’un trésor brillant
T’attendit. Avec un inflexible piège.

Ravie d’avoir eu un si grand privilège :
Étudiant, dans tes ruelles marchant,
Au Vieux Port, le beau Saint-Laurent admirant,
Les petits cafés à chaque coin, un siège.

Bye les terrasses à l’arôme de bière,
Y fait frette ici pour les gens du Plateau
Et tous sur le Mont-Royal avec la luge !

Bye Montréal, je m’en vais un peu confuse :
Y avait toute ma vie chez vous tantôt…
En Estrie on me donne une chance, Excuse !

© 2017 S.L.

À toi je demande

Les paysages se poursuivent à la même
vitesse que tes questions sur l’avenir:
est-ce que ton prix tu vas bientôt obtenir
ou vas-tu fondre en larmes de douleur extrême?

Une lueur… Après une dure carême,
à travers la fente, un paysage t’inspire
l’amour éternel te comble de joie… Plaisir
tu éprouves, ici de peur tu n’es plus blême.

Ode à toi qui de partir as eu le courage
Qui de tomber n’as jamais eu peur et qui de
se relever plus fort n’as jamais arrêté.

Dans la nuit de tes pensées une fois rentrée,
angoissée comme toujours à toi je demande:
Aurai-je accompli l’impossible cet été?

© 2017 S.L.