Il était une fois

Il était une fois une fillette, devant une feuille blanche, capable de faire des rimes.
Il était une fois une grande fille, devant un roman, capable d’en comprendre la signification
profonde.
Il était une fois une jeune femme qui avait oublié quel pouvoir sa plume avait sur son âme.
Jusqu’au jour où elle recommença son écriture.
***
Les règles et les styles auxquels il faut se conformer bloquèrent son art et ses études : elle
perdit son temps à créer du temps pour réaliser sa légende personnelle.
Le temps dévore l’inspiration, la beauté de la vie est à la fois muse et distraction, une danse qui
n’a pas début ni fin, à la recherche d’un équilibre qui jamais n’existera.
Adieu aux règles et à l’ordre !
Adieu à l’idée d’une vie parfaite…
Elle n’a pas pensé à laisser de la place pour les explosions de bonheur et de tristesse que seul
un coeur qui bat peut vivre.
© 2018 S.L.

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Des 9 vies d’un chat, à une plante aux mille racines

On dit que les chats ont 9 vies. Moi aussi j’ai 9 vies, peut-être plus :

Chaque soir, je me couchais en écoutant cette liste de lecture de chansons italiennes, datée des années 2000, ou 1990. Franchement, ce n’est pas important.

Chaque jour, je marchais jusqu’au gym en écoutant cette musique super énergisante, dont je ne pourrais pas dire les titres, peut-être un ou deux noms des chanteurs, au plus.

Chaque kilomètre, en voyage dans le Grand Nord, avec la personne la plus précieuse au monde à côté de moi, j’écoutais ces morceaux relaxants, à la fois hippies, à la fois sérieux et même tristes.

Pour chaque mot de lu dans mes livres, gros comme des briques et lourds comme du ciment, assise au café ou à la bibliothèque, ou encore chez moi, j’avais en fond une musique discrète, qui ne veut pas déranger, mais qui est là, pour couvrir tout autre bruit qui pourrait me déconcentrer. Une musique de fond qui ne se fait pas sentir, tant qu’elle sonne.

**

Je n’ai pas écrit toutes mes 9 vies ici, un échantillon est suffisant. Je ne peux pas non plus dévoiler tout mon mystère en quelques mots. Et, en plus… Il me reste encore bien des vies à vivre !

Dans chacune de mes vies, les mêmes notes, dont je sélectionne les paroles : celles qui me chantaient la berceuse, dans une vie ; celles qui me faisaient faire mieux du sport, dans une autre ; celles qui me donnaient de l’inspiration, dans mon avant dernière vie ; celles qui assuraient ma concentration, dans ma dernière vie. Celle qui vient de se terminer. Mais je ne suis pas morte, pas encore. J’ai une toute nouvelle vie maintenant, avec sa liste de lecture flambant neuve.

Parfois, une de mes vielles vies vient me chanter une ou deux chansons de sa liste de lecture. La surprise m’est agréable. Quand cela arrive, toutes mes vies se mélangent en un continuum des joies et des douleurs qui font de moi un être humain.

Car, comme un de mes oncles me dit, il y a environ deux décennies : « on est comme une plante aux mille racines : le bonheur vient de réussir à les faire travailler ensemble, comme les fils des marionnettes, dans une harmonieuse chorégraphie ».

© 2017 S.L.

Fainéantise

Je regarde en bas, ma chaussure aux lacets défaits. Je suis trop fatiguée pour les refaire maintenant : la voiture roule tranquille, le bruit du moteur me berce. De la fenêtre, un paysage sinueux, caressé par des rayons de soleil paresseux qui fatiguent mon regard, doucement les yeux fermant. Je regarde le GPS, j’ai encore au moins une heure avant d’arriver à destination. Une heure à partir de maintenant, avant d’avoir besoin de ma chaussure pour marcher. Pourquoi devrais-je bouger maintenant pour refaire mes lacets, si cela n’est pas urgent… Pourquoi interromprais-je ce moment de paix absolue, de paresse bénie ?
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Je me réveille. Un instant semble écoulé. Il fait nuit. Cet instant a duré longtemps, bien plus que ce que mon horloge interne me fait croire. Je refais mes lacets vite : une fois de plus, je suis déjà en retard.

© 2017 S.L.