Il était une fois

Il était une fois une fillette, devant une feuille blanche, capable de faire des rimes.
Il était une fois une grande fille, devant un roman, capable d’en comprendre la signification
profonde.
Il était une fois une jeune femme qui avait oublié quel pouvoir sa plume avait sur son âme.
Jusqu’au jour où elle recommença son écriture.
***
Les règles et les styles auxquels il faut se conformer bloquèrent son art et ses études : elle
perdit son temps à créer du temps pour réaliser sa légende personnelle.
Le temps dévore l’inspiration, la beauté de la vie est à la fois muse et distraction, une danse qui
n’a pas début ni fin, à la recherche d’un équilibre qui jamais n’existera.
Adieu aux règles et à l’ordre !
Adieu à l’idée d’une vie parfaite…
Elle n’a pas pensé à laisser de la place pour les explosions de bonheur et de tristesse que seul
un coeur qui bat peut vivre.
© 2018 S.L.

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La trentième carte

Ma chère mamie, pendant trois décennies
Dans ma boite à lettre, une carte envoyée
De ton coeur, me rappelait qu’on est unies…
Pour mon anniversaire tu souhaitais

Ma joie, dans la langue que jamais j’appris
Malgré moi : mélodie suave chantait
Le refrain d’une enfance déjà finie…
Dans une accolade, l’amour nous serrait.

Au début, un chiffre apparait sur la carte ;
Après, une belle photo de ta ville ;
Mais cette année, chère mamie, le silence…

Partie depuis six ans, la trentième carte,
En cherchant sa vraie liberté, elle brille
Dans la nuit noire elle vainc, résilience.
© 2017 S.L.

Des 9 vies d’un chat, à une plante aux mille racines

On dit que les chats ont 9 vies. Moi aussi j’ai 9 vies, peut-être plus :

Chaque soir, je me couchais en écoutant cette liste de lecture de chansons italiennes, datée des années 2000, ou 1990. Franchement, ce n’est pas important.

Chaque jour, je marchais jusqu’au gym en écoutant cette musique super énergisante, dont je ne pourrais pas dire les titres, peut-être un ou deux noms des chanteurs, au plus.

Chaque kilomètre, en voyage dans le Grand Nord, avec la personne la plus précieuse au monde à côté de moi, j’écoutais ces morceaux relaxants, à la fois hippies, à la fois sérieux et même tristes.

Pour chaque mot de lu dans mes livres, gros comme des briques et lourds comme du ciment, assise au café ou à la bibliothèque, ou encore chez moi, j’avais en fond une musique discrète, qui ne veut pas déranger, mais qui est là, pour couvrir tout autre bruit qui pourrait me déconcentrer. Une musique de fond qui ne se fait pas sentir, tant qu’elle sonne.

**

Je n’ai pas écrit toutes mes 9 vies ici, un échantillon est suffisant. Je ne peux pas non plus dévoiler tout mon mystère en quelques mots. Et, en plus… Il me reste encore bien des vies à vivre !

Dans chacune de mes vies, les mêmes notes, dont je sélectionne les paroles : celles qui me chantaient la berceuse, dans une vie ; celles qui me faisaient faire mieux du sport, dans une autre ; celles qui me donnaient de l’inspiration, dans mon avant dernière vie ; celles qui assuraient ma concentration, dans ma dernière vie. Celle qui vient de se terminer. Mais je ne suis pas morte, pas encore. J’ai une toute nouvelle vie maintenant, avec sa liste de lecture flambant neuve.

Parfois, une de mes vielles vies vient me chanter une ou deux chansons de sa liste de lecture. La surprise m’est agréable. Quand cela arrive, toutes mes vies se mélangent en un continuum des joies et des douleurs qui font de moi un être humain.

Car, comme un de mes oncles me dit, il y a environ deux décennies : « on est comme une plante aux mille racines : le bonheur vient de réussir à les faire travailler ensemble, comme les fils des marionnettes, dans une harmonieuse chorégraphie ».

© 2017 S.L.

Ma douleur

Je veux partager une chose qui me rend triste :
Cela fait un moment qu’à mes larmes je résiste ;
De mes douleurs j’ai finalement fait une liste,
Mais seule une dans ma vie pour le moment existe.

C’est un Diable déguisé en bel Ange gardien,
Les beaux mots et les beaux moments dont je me souviens,
Les promesses qu’on m’a faites, d’amour et soutien
Elles ont été oubliées et ne valent plus rien !

Que tu sois damné pour toujours, ô Diable maudit !
Je meure un peu plus à chaque larme, dans mon lit,
Je réprime dans mes sanglots à l’aide mon cri.

Je veux que tu pleures dans ton coeur à l’infini,
Que tu ne trouveras plus la Paix dans ton esprit,
Car le crime parfait sur ma peau tu as commis.

© 2017 S.L.