Des 9 vies d’un chat, à une plante aux mille racines

On dit que les chats ont 9 vies. Moi aussi j’ai 9 vies, peut-être plus :

Chaque soir, je me couchais en écoutant cette liste de lecture de chansons italiennes, datée des années 2000, ou 1990. Franchement, ce n’est pas important.

Chaque jour, je marchais jusqu’au gym en écoutant cette musique super énergisante, dont je ne pourrais pas dire les titres, peut-être un ou deux noms des chanteurs, au plus.

Chaque kilomètre, en voyage dans le Grand Nord, avec la personne la plus précieuse au monde à côté de moi, j’écoutais ces morceaux relaxants, à la fois hippies, à la fois sérieux et même tristes.

Pour chaque mot de lu dans mes livres, gros comme des briques et lourds comme du ciment, assise au café ou à la bibliothèque, ou encore chez moi, j’avais en fond une musique discrète, qui ne veut pas déranger, mais qui est là, pour couvrir tout autre bruit qui pourrait me déconcentrer. Une musique de fond qui ne se fait pas sentir, tant qu’elle sonne.

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Je n’ai pas écrit toutes mes 9 vies ici, un échantillon est suffisant. Je ne peux pas non plus dévoiler tout mon mystère en quelques mots. Et, en plus… Il me reste encore bien des vies à vivre !

Dans chacune de mes vies, les mêmes notes, dont je sélectionne les paroles : celles qui me chantaient la berceuse, dans une vie ; celles qui me faisaient faire mieux du sport, dans une autre ; celles qui me donnaient de l’inspiration, dans mon avant dernière vie ; celles qui assuraient ma concentration, dans ma dernière vie. Celle qui vient de se terminer. Mais je ne suis pas morte, pas encore. J’ai une toute nouvelle vie maintenant, avec sa liste de lecture flambant neuve.

Parfois, une de mes vielles vies vient me chanter une ou deux chansons de sa liste de lecture. La surprise m’est agréable. Quand cela arrive, toutes mes vies se mélangent en un continuum des joies et des douleurs qui font de moi un être humain.

Car, comme un de mes oncles me dit, il y a environ deux décennies : « on est comme une plante aux mille racines : le bonheur vient de réussir à les faire travailler ensemble, comme les fils des marionnettes, dans une harmonieuse chorégraphie ».

© 2017 S.L.

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OEuvre du diable

Je viens de partout, nulle part est chez moi.
Mélodie, qui calme mon coeur en émoi,
mes mots. Je ne veux pas me coucher par peur
que mon rêve, dans un rêve de torpeur,

meurt. La nuit finie, des roses larmoyantes
que Peur créa. Si je crains, ma peur est vraie.
Par cela même je deviens prévoyante
d’un sort plus cruel que je ne le voudrais.

Un jour d’hiver, tu m’appelas une artiste.
Ayant ainsi ma vie changée, d’une esclave
à Maudit poète. Le mal est ma piste.

Aujourd’hui, mes discours, tes propos délavent
et ils vont faire de l’art la douleur triste,
mon oasis de bonheur, de paix conclave.

© 2017 S.L.

Bye Bye Montréal

Mon vol atterrit sur ton sol dans la neige,
Observatrice, au delà de l’océan,
Ne sus pas à l’instant qu’un trésor brillant
T’attendit. Avec un inflexible piège.

Ravie d’avoir eu un si grand privilège :
Étudiant, dans tes ruelles marchant,
Au Vieux Port, le beau Saint-Laurent admirant,
Les petits cafés à chaque coin, un siège.

Bye les terrasses à l’arôme de bière,
Y fait frette ici pour les gens du Plateau
Et tous sur le Mont-Royal avec la luge !

Bye Montréal, je m’en vais un peu confuse :
Y avait toute ma vie chez vous tantôt…
En Estrie on me donne une chance, Excuse !

© 2017 S.L.