Il était une fois

Il était une fois une fillette, devant une feuille blanche, capable de faire des rimes.
Il était une fois une grande fille, devant un roman, capable d’en comprendre la signification
profonde.
Il était une fois une jeune femme qui avait oublié quel pouvoir sa plume avait sur son âme.
Jusqu’au jour où elle recommença son écriture.
***
Les règles et les styles auxquels il faut se conformer bloquèrent son art et ses études : elle
perdit son temps à créer du temps pour réaliser sa légende personnelle.
Le temps dévore l’inspiration, la beauté de la vie est à la fois muse et distraction, une danse qui
n’a pas début ni fin, à la recherche d’un équilibre qui jamais n’existera.
Adieu aux règles et à l’ordre !
Adieu à l’idée d’une vie parfaite…
Elle n’a pas pensé à laisser de la place pour les explosions de bonheur et de tristesse que seul
un coeur qui bat peut vivre.
© 2018 S.L.

Advertisements

La trentième carte

Ma chère mamie, pendant trois décennies
Dans ma boite à lettre, une carte envoyée
De ton coeur, me rappelait qu’on est unies…
Pour mon anniversaire tu souhaitais

Ma joie, dans la langue que jamais j’appris
Malgré moi : mélodie suave chantait
Le refrain d’une enfance déjà finie…
Dans une accolade, l’amour nous serrait.

Au début, un chiffre apparait sur la carte ;
Après, une belle photo de ta ville ;
Mais cette année, chère mamie, le silence…

Partie depuis six ans, la trentième carte,
En cherchant sa vraie liberté, elle brille
Dans la nuit noire elle vainc, résilience.
© 2017 S.L.

OEuvre du diable

Je viens de partout, nulle part est chez moi.
Mélodie, qui calme mon coeur en émoi,
mes mots. Je ne veux pas me coucher par peur
que mon rêve, dans un rêve de torpeur,

meurt. La nuit finie, des roses larmoyantes
que Peur créa. Si je crains, ma peur est vraie.
Par cela même je deviens prévoyante
d’un sort plus cruel que je ne le voudrais.

Un jour d’hiver, tu m’appelas une artiste.
Ayant ainsi ma vie changée, d’une esclave
à Maudit poète. Le mal est ma piste.

Aujourd’hui, mes discours, tes propos délavent
et ils vont faire de l’art la douleur triste,
mon oasis de bonheur, de paix conclave.

© 2017 S.L.